Zinoviev


Grigori Evseïevitch Zinoviev (Григо́рий Евсе́евич Зино́вьев) (1883 - 1936), de son vrai nom Ovseï-Gerchen Aronovitch Radomyslski-Apfelbaum, le célèbre révolutionnaire bolchevik, grand concurrent de Staline. 

Membre du Politburo du Parti communiste de l'Union soviétique et président du soviet de Leningrad, il s'associe dans un premier temps avec Kamenev et Staline pour former une troïka qui marginalise Trotski, avant de se rapprocher, au milieu des années 1920, de ce dernier. Zinoviev sera finalement éliminé lors des grandes purges mises en œuvre par Staline: condamné lors du premier procès de Moscou (jugement dit du «groupe terroriste trotskyste-zinoviéviste»), il est exécuté le 25 août 1936. Autodidacte confirmé, Zinoviev «est épais, avec un visage consulaire plutôt pâle, massif, une abondante chevelure ébouriffée, un regard gris bleu» (Victor Serge). Il milite d'abord dans le sud de la Russie. Émigré en 1902 à Berne, où il étudie jusqu'en 1905, il y rencontre Georgui Plekhanov et Lénine: ce dernier le pousse à entrer au parti bolchevik, ce qu'il fait l'année suivante. Il joue un rôle important dans l'organisation du POSDR (Parti ouvrier social-démocrate de Russie) à Saint-Pétersbourg. Après l'échec de la révolution de 1905, son activité principale se concentre dans le journalisme et les publications du parti. Poursuivi par la police, il quitte la Russie de 1908 à 1917. Il est élu au comité central du POSDR en 1907 à Londres. L'année suivante, il rejoint Lénine à Genève et devient son bras droit jusqu'en 1912, responsable du parti à Cracovie, territoire appartenant alors à l'Autriche-Hongrie et où s'est réfugiée une partie de la direction du Parti. La guerre de 14-18 les rapproche encore. Peu après la Révolution de Février, ils rentrent ensemble en Russie dans le fameux «convoi plombé» organisé par les Allemands en avril 1917. Entré dans la clandestinité après les Journées de juillet, Zinoviev s'oppose, avec Lev Kamenev, au soulèvement armé préparé par Lénine. Plus encore, après la victoire d'Octobre, il se prononce pour un rapprochement avec les mencheviks et les SR (socialiste-révolutionnaires). Ces choix hasardeux, désavoués par les faits, lui seront, ainsi qu'à Kamenev, vivement reprochés quand viendra le moment des purges. Avec Kamenev et Trotski, il forme la «troïka des purs», hostile à la NEP (dont Trotski avait soutenu la mise en place) et surtout favorable à l'instauration du «socialisme dans plusieurs pays». Staline prône, au contraire, le «socialisme dans un seul pays» et le maintien de la NEP. Cette posture vaut au secrétaire général une certaine popularité dans le pays, tandis que l'appareil du parti lui est déjà acquis. Ami très proche de Lénine – qui aurait même, faute d’en avoir, envisagé avec Nadejda Kroupskaïa d’adopter un de ses enfants – doué d’évidentes capacités intellectuelles, notamment oratoires (selon Victor Serge, il «dépasse» ses concurrents par «sa culture générale, sa longue expérience de l'émigration en Europe occidentale, ses talents de théoricien vulgarisateur, d'orateur polyglotte, d'écrivain facile, de leader reconnu» ), il était destiné à jouer un rôle éminent dans l’histoire du pays après la Révolution d’Octobre. Le soutien de Vladimir Illitch, comme celui du Parti bolchévique, ne lui ont jamais manqué, comme le prouve l’importance des responsabilités qui ont été les siennes de 1917 à 1927. Réputé et plus encore critiqué pour un autoritarisme sans pitié, il a peu à peu constitué contre lui une opposition qui se cristallisera autour de Staline, lequel, en utilisant les mêmes armes que son adversaire, se révèlera un manœuvrier redoutable dans la lutte pour le pouvoir.













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